| Saleinaz-l'été indien |
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| Écrit par Francine | |
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Saleinaz « l’été indien » - 12 juin Il est 8h.30 lorsque Bertrand et Claude-Alain passent me prendre. La météo n’est pas très engageante : ciel bas et bouché. Pourtant, les prévisions nous laissent espérer, si ce n ‘est du soleil éclatant, au moins une atmosphère sèche. Malheureusement, plus nous montons la vallée en direction de Saleinaz et plus le paysage s’assombrit. Ce n’est qu’à la prise d’eau que nous jetons l’éponge ; le brouillard accroché au relief crache une fine bruine qui humidifie méchamment la roche. Qu’à cela ne tienne, en voiture Simone, Bertrand a plus d’une voie dans son sac à pof. Quelques minutes plus tard, nous voici parqués à Sembrancher ; la destination du jour sera le secteur des Trappistes. Notre marche d’approche nous emmène le long d’un pierrier et nous passons devant le départ de la célèbre voie Vaucher. La voie que nous convoitons « Pantagruel » se situe un peu plus loin. Nous nous équipons gentiment alors que d’autres grimpeurs arrivent. Notre itinéraire s’annonce comme un échauffement, en tout cas pour la première partie. Bertrand s’y engage en tête, alors que Claude-Alain suit et que je ferme la marche. Les deux premières longueurs sont assez faciles, sur un gneiss couleur « rouille ». La 3ème est une fissure magnifique qui nous réserve de beaux mouvements. Après une 4ème longueur de transition, nous nous approchons de quelques pas plus délicats, notamment dans une grosse fissure-dièdre où l’expérience de mes compagnons fait merveille. Je me sens, quant à moi, dans mes petits chaussons, ne sachant trop où placer mon corps… Plus haut, le 6a nous tend les bras, ou plutôt le ventre qu’il a bien arrondi, nous empêchant un placement de pied confortable, d’où la technique efficace de Bertrand avec le pied dans une sangle ! Claude-Alain franchit la difficulté par la gauche. Je décide de faire de même, mais c’est sans compter nos morphologies différentes et je dois me résoudre à trouver une autre solution : à gauche, ce n’est pas pour moi. Je trouve en tatonnant, quelques bonnes prises de mains qui me permettent de me sortir de la difficulté. La dernière longueur est très jolie et nous dépose au sommet de la voie. Une courte descente à pieds et nous attaquons le pic nic, tout en observant notre dessert : « Gargentua », une voie de 5 longueurs dans le 6a, 6b. Bertrand propose à Claude-Alain d’aller en tête. Les sandwichs avalés et les pommes croquées, notre vaillant premier de cordée s’élance courageusement à l’assaut de la première longueur : une dalle un peu fine et très belle. En grimpant, je pense à ma cops Claudine qui aurait beaucoup de plaisir dans cette escalade. Je n’ose trop regarder la 2ème longueur, verticale puis surplombante avant un rétablissement. Claude-Alain grimpe tout en fluidité, sans s’arrêter. J’observe attentivement les prises qu’il saisit et me dis naïvement « yaka faire comme lui ». Certes, sauf que ça ne passe pas aussi bien que ça pour Bertrand et moi. Nous devons nous y reprendre à plusieurs fois pour franchir le premier pas. Plus haut, deux très belles longueurs de 6a nous permettent de nous reposer, avant d’attaquer la dernière longueur en 6b. A nouveau, Claude-Alain fait preuve d’une maîtrise remarquable. Néanmoins, cette longueur m’impressionne moins que la 2ème et les pas s’enchaînent bien. L’escalade est plus fine et j’ai beaucoup de plaisir. Nous voilà déjà au sommet de la voie. Après le bec du sommet (hé, vous avez vu, je suis la seule fille…) nous empruntons le même sentier que tout à l’heure, récupérons les sacs, non sans admirer au passage des grimpeurs à l’assaut de voies difficiles, et gambadons jusqu’à la voiture. Je remercie mes deux compagnons du jour de m’avoir emmenée dans ces très belles voies : un vrai bonheur. Francine Bohren |
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| Dernière mise à jour : ( 18-06-2010 ) |
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